La sublime connaissance transcendante
La
sublime connaissance transcendante
tranchante
comme le diamant
Hommage à tous les
bouddhas et à tous les bodhisattvas
Parce que la notion
de « moi » est étrangère à ces bodhisattvas grands êtres ;
Il n’est pas de place
pour le concept d’être animé en leur esprit ni pour l’idée de vie, ni même pour
l’idée d’individu.
En ces bodhisattvas
grands êtres, Subhûti, il n’y a pas de place pour le concept de réalité, ni
pour le concept d’irréalité.
Aucune de ces idées
n’a sa place en eux.
Ceux qui savent que les
nombreuses réalités du Dharma sont comparables à un radeau se détachent de
l’idée même de ces réalités et à plus forte raison de l’idée que ces réalités
sont irréelles.
Il en est ainsi, ô
Subhûti, il en est bien ainsi.
Les êtres qui,
entendant ce soûtra, ne seront ni saisis de crainte ni effrayés ni alarmés,
seront comblés du plus merveilleux des pouvoirs.
Pour quelle
raison ?
Parce que, Subhûti,
le Tathâgata qualifie cet enseignement de sublime transcendance.
Or, ce que le
Tathâgata enseigne en tant que sublime transcendance, les bienheureux bouddhas
dont le nombre est incommensurable l’ont enseigné pareillement.
Voilà pourquoi on
l’appelle « Sublime Transcendance ».
Parce que, Subhûti,
lorsque le roi Kalinga coupa ma chair et mes membres en morceaux, il ne surgit
alors en moi nul concept de soi, d’être animé, de vie ou d’individu.
Il n’y avait en moi
ni concepts ni absence de concepts.
En effet, Subhûti,
si, au contraire, m’était alors venue l’idée d’un moi, il me serait aussi venu
l’idée de malveillance.
S’il m’était venu
l’idée d’un être animé, d’une vie et d’un individu, il me serait aussi venu
l’idée de malveillance.
Subhûti, l’être qui
s’est réellement engagé dans le véhicule des bodhisattvas pensera :
-
« Je dois transporter tous les êtres au-delà de la souffrance,
dans
la dimension du nirvâna sans résidus,
et
cependant,
quand
tous ces innombrables êtres seront passés au-delà de la souffrance,
il
n’y en aura pas un seul qui sera passé en nirvâna complet. »
Pensant ainsi, il
cultivera l’esprit d’éveil.
Pourquoi ?
- S’il nourrissait d’autres idées comme la
notion d’individu, on ne pourrait l’appeler un bodhisattva.
Le bouddha
Dipankara :
- « Toi, jeune brahmane, tu seras dans
les temps futurs un Tathâgata, un Arhat, un Bouddha parfaitement et complétement
éveillé du nom de Shâkyamuni. »
Subhûti, du
bodhisattva qui déclare que tous les phénomènes sont dépourvus de soi, que
toutes choses sont vraiment dépourvues d’existence réelle, le Tathâgata,
l’Arhat, l’authentiquent et parfaitement Eveillé dit qu’il est un bodhisattva
grand être.
Subhûti, la pensée
passée n’est pas saisissable, pas plus que la pensée future, et la pensée qui
surgit à présent ne l’est pas davantage.
Subhûti, de ceux que
l’on désigne comme des êtres animés, le Tathâgata précise qu’ils ne sont pas
réellement des êtres animés :
- « être animé » n’est qu’une
désignation.
Subhûti, dans cet
état on ne peut concevoir la moindre réalité, en conséquence, on ne fait que
parler d’Eveil insurpassable, authentique et parfait.
Subhûti, il n’est
rien d’équivalent ni d’égal à cet Eveil.
Voilà pourquoi on le
dit insurpassable, authentique et parfait.
Cet Eveil est
dépourvu de soi, de qualité d’être sensible, de vie, d’individualité.
C’est l’état de
Bouddha parfaitement manifesté dans l’ensemble des qualités vertueuses.
Subhûti, ce que l’on
appelle qualités vertueuses, le Tathâgata a déclaré que ce n’était pas des
qualités ;
C’est pourtant bien
de qualités vertueuses dont on parlera !
Subhûti, de ceux que
l’on taxe d’êtres puérils, le Tathâgata a déclaré que ce n’étaient pas des
êtres réellement existants.
« Être
puéril » n’est donc qu’une désignation.
Le Bienheureux
prononça ces stances :
- « Ceux qui me
voient dans ma forme ou croient m’entendre dans le son de ma voix s’engagent
dans l’erreur ;
Ceux-là ne me voient
pas ! »
- « En voyant la réalité Absolue, on voit
les Bouddhas, leur pouvoir de guider vient de leur corps absolu.
N’étant pas un objet
de connaissance, la réalité absolue ne se trouve pas à la portée de la
conscience ordinaire. »
Le terme
« Tathâgata » signifie
« Qui
ne vient de nulle part et ne va nulle part »,
si bien qu’il est
appelé Tathâgata, Arhat, Bouddha authentiquement et parfaitement éveillé.
Subhûti, cette saisie
de milliard de mondes comme objet total n’est qu’une désignation
conventionnelle, le phénomène qu’elle désigne est au-delà de toute expression
et cependant, les êtres puérils s’y attachent comme à une réalité.
-
« Comme les étoiles,
les
mouches volantes ou la flamme d’une lampe,
comme
une illusion magique,
une
goutte de rosée ou une bulle,
comme
un rêve,
un
éclair ou un nuage :
- Ainsi devrait-on voir tous les phénomènes
conditionnés. »