LA PRATIQUE COMMODE

LA PRATIQUE COMMODE

 

Le Vénéré du monde :

 - « S’il est un être d’Eveil, dans les mauvais âges ultérieurs, qui, d’un cœur impavide, veuille exposer ce livre, il devra s’engager dans la sphère des pratiques et dans la sphère des fréquentations :

Se tenir constamment à l’écart des rois et des fils de roi, des ministres et des hauts mandarins, des saltimbanques pernicieux comme des hors-castes, des hétérodoxes et aspirants brahmanes ;

Il ne fréquentera pas plus les outrecuidants, les érudits des Trois Corbeilles avidement attachés au Petit Véhicule, les moines transgresseurs des commandements, qui n’ont de méritant que le nom ;

De même les nonnes aimant rire et se divertir, les pieuses laïques profondément attachés aux cinq désirs, recherchant l’apparence du passage en Disparition, qu’il n’en fréquente aucune !

 

Si de telles gens viennent, avec de bonnes intentions, auprès de l’être d’Eveil pour entendre la voie d’Eveillé, alors l’être d’Eveil, d’un cœur impavide mais sans se leurrer d’espoir, leur prêchera la Loi.

Qu’il n’aille pas, seul dans une pièce cloisonnée, prêcher la Loi à une femme.

Quand il lui exposera la Loi, il ne devra pas rire ou badiner.

Pour entrer dans un village mendier la nourriture, il prendra avec lui un seul moine ;

S’il n’y a pas de moine, il commémorera de tout cœur l’Eveillé.

 

L’ensemble des entités est vide,

dépourvu d’existence,

dépourvu de stabilité perdurable,

elles ne connaissent ni production ni destruction ;

Voilà en quoi consiste, pour les sages, la sphère des fréquentations.

C’est à cause des notions erronées que l’on distingue les entités comme existantes ou inexistantes, et réelles et irréelles, en produites et non produites.

 

Dans un endroit désert, il s’exercera à contenir sa pensée, demeurant ferme et immuable à l’instar du Mont Sumeru ;

Il considérera l’ensemble des entités en tant qu’inexistantes en leur totalité, tout comme l’espace, dépourvues de consistance, ne se reproduisant ni n’émergeant, sans mouvement ni régression, demeurant constamment en un unique aspect ;

Voilà en quoi consiste la sphère des fréquentations.

 

Le Vénéré du monde :

 - « Constamment l’être d’Eveil se plaira à prêcher sereinement la Loi :

Sur un terrain pur il installera un siège, il enduira son corps d’huile, se lavera de toute saleté, mettra des habits neufs et propres :

Purifié à l’intérieur comme à l’extérieur, il prendra commodément place sur le siège de la Loi et prêchera selon les questions qui lui seront posées.

 

Il éliminera la paresse mentale et les sentiments d’inertie, supprimera les affres passionnelles et, d’un cœur compatissant, prêchera la Loi.

 

Vêtements, literie, boissons, mets, remèdes, au milieu de tout cela, il ne se leurrera pas d’espoir ;

Mais fixant de tout cœur son attention sur les raisons de prêcher la Loi, il souhaitera réaliser la Voie d’Eveillé et le permettre également aux êtres.

 

Le Vénéré du monde :

 - « Qui veut exposer ce livre, devra renoncer à la jalousie, au courroux, à l’orgueil, et à toute pensée de flagornerie et de duperie ;

Il s’exercera constamment à la pratique simple et droite, il ne méprisera pas autrui, ne tiendra pas non plus d’oiseuses discussions sur la Loi, ni ne mènera autrui au doute et au regret en disant :

 - Tu n’obtiendras jamais l’état d’Eveillé !

 

Ce fils d’Eveillé prêchera la Loi avec une douceur et une patience constantes ;

Compatissant pour tous, il ne concevra nulle pensée de paresse.

Envers les grands êtres d’Eveil des dix orients, qui pratiquent la Voie par pitié pour les êtres, il devra concevoir une pensée de respect :

 - Ceux-ci sont mes grands maîtres !

 

Pour les Eveillés Vénérés du monde, il concevra les sentiments dus à un père suprême.

Il brisera l’esprit d’orgueil et prêchera sans obstacle la Loi.

 

Telle est la troisième méthode que le sage devra observer ;

Unifiant son esprit sur la pratique commode, il sera respecté d’innombrables multitudes.

 

 Le Vénéré du monde :

 - « Qui pratique constamment la patience, qui est plein de pitié pour tous, peut exposer le Livre admiré des Eveillés.

 

 - « Ceux qui n’entendent pas ou ne croient pas en ce Livre, grande est leur perte ;

Si j’obtiens la voie d’Eveillé, grâce aux expédients salvifiques, je prêcherai pour eux cette Loi et ferai en sorte qu’ils y demeurent. »

 

Par sa grande compassion, l’Ainsi-Venu, convertit le monde, conformément à la Loi ;

Voyant tous les hommes subir les affres des passions, aspirer à la délivrance et livrer combat aux démons, à l’intention de ces êtres, il prêche les divers enseignements.


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